American Gods – Lecture commune 06

Avis de Marty

Nous voilà déjà à la dernière lecture de American Gods ! Je dois dire que je n’ai pas vu les pages passer et dans l’ensemble le livre m’a beaucoup plu…
Une fois cette dernière étape entamée, il m’était presque impossible de m’arrêter de tourner les pages pour finir le livre ! Au cours de ces derniers chapitres, Ombre a été ressuscité par Easter pour qu’il se rende à la maison sur le rocher où la guerre venait de démarrer. De son côté, Laura fait preuve de bravoure et va tuer Monsieur Monde, qui s’avère être Loquace et, comme je l’avais soupçonné, le complice de Voyageur. Mais elle est gravement blessée dans la bataille et Ombre finit par la tuer pour de bon, sur sa demande.
Quand Ombre arrive à la maison, Loquace est agonisant et le fantôme de Voyageur est présent et lui avoue la supercherie… Ombre se rend alors sur le champ de bataille et parvient, en trouvant les mots justes, à expliquer aux deux camps qu’ils se sont fait berner et que cette guerre est inutile et cela fonctionne, Ombre parvient donc à mettre fin à la guerre.
Le reste du livre apparaît alors comme un long « au revoir » d’Ombre à la vie. Il semble clore certains chapitres avant de faire face à son destin et se rend chez Czernobog pour qu’il lui fracasse le crâne, comme promis. Ainsi, il retrouve Sam pour lui dire adieu et retourne même à Lakeside pour résoudre l’affaire des meurtres des enfants et arrêter ces successions de meurtres dans la ville…
En paix avec lui-même, Ombre prend ensuite la route vers Chicago et, même si les sœurs Zorya tentent de l’en empêcher, il se rend à Czernobog, accueillant la mort avec sérénité. Mais ce dernier, touché par les actes d’Ombre qui a réussi à mettre fin à la guerre, semble avoir changé, son côté noir s’est estompé et il semble beaucoup plus attaché à la vie et à ce qu’elle peut désormais lui apporter, si bien qu’il décide d’épargner Ombre et se contente de déposer délicatement son marteau sur sa tête pour mettre fin au pacte qui les liait.
Dans l’épilogue, Ombre retourne sur sa terre d’origine : l’Islande. Son père, Voyageur, était en effet originaire de ce pays. Au détour des rues de Reykjavik, Ombre tombe sur l’alias islandais de son père qui semble plus doux et juste. Mais Ombre ne veut pas créer de lien avec lui et il n’est pas encore prêt à rentrer en Amérique, il va donc voyager un peu… Qui sait quels dieux il rencontrera encore sur sa route !
Mon impression générale sur le livre est assez bonne : j’ai trouvé qu’il y avait un bon mélange de fantastique et d’intrigue et j’ai à chaque fois eu envie de pousser plus loin ma lecture. Si je devais adresser un reproche au livre, ce serait de manquer parfois de précision et de mal expliquer certains passages qui m’ont parfois laissée un peu perplexe, mais peut-être cela est-il dû à la traduction ?
Au niveau des personnages, mon préféré a été celui de Voyageur et j’ai eu un petit coup de cœur pour Sam, en revanche, le personnage d’Ombre manquait parfois de relief : il a tout de même passé la presque totalité de l’histoire à subir son sort, c’était parfois un brin ennuyeux, j’aurais voulu qu’il se rebelle un peu plus et un peu plus tôt.
De manière générale ce livre m’aura apporté une bonne réflexion sur les croyances, en des dieux ou en des concepts; métaphoriquement, j’ai aimé le fait que certains concept comme la vitesse, l’information ou la communication soient déifiés, il est vrai qu’aujourd’hui on sacrifie notre temps, on vénère certaines valeurs et culturellement, les croyances religieuses semblent perdre petit à petit du terrain. L’histoire rappelle aussi à quel point l’Amérique est multiculturelle et au regard de l’actualité trumpienne, l’adaptation sous forme de série tombe à point pour dénoncer à quel point il est stupide qu’une nation comme l’Amérique veuille fermer ses frontières par peur de l’altérité…
Pour conclure, c’est donc une belle réflexion, très actuelle, que m’a apporté cette histoire et c’est presque avec regret que j’ai dû en tourner la quatrième page de couverture et le ranger dans ma bibliothèque. Heureusement, chaque livre refermé me permet d’en ouvrir un autre !

Avis de Fungi Lumini

Il ne restait en fait qu’un « vrai » chapitre dans l’histoire, les deux suivants étant dans la partie épilogue. Si encore une fois, le récit manquait cruellement d’actions par rapport à ce que j’avais imaginé, il n’en est pas moins resté passionnant. On apprend tellement de choses à la fin ! Surtout sur Odin et Loki, et leur plan machiavélique absolument magistral, mais sur plein d’autres choses aussi. J’ai beaucoup aimé la révélation de l’identité du bison qui hante les rêves de Shadow, c’est une très belle image que l’auteur utilise.

Shadow est ressuscité par Easter, alors qu’il aurait aimé rester en paix là où il était. Il a cependant apparemment encore un rôle à jouer. Comme d’habitude, il se laisse porter par le hasard et son destin. Il perçoit l’odeur de Laura et la cherche, mais c’est tout autre chose qu’il va trouver. Il se retrouve projeté dans les coulisses du monde où a lieu la grande bataille. Il se met entre les anciens et les nouveaux dieux, leur raconte une histoire qu’il vient d’apprendre, et parvient ainsi à arrêter la guerre. Le pouvoir des mots montre sa toute-puissance. Ce chapitre se finit sur une note tragique, puisque Shadow rejoint Laura, mais elle lui demande de mettre fin au sort qui la maintient en vie. Shadow, maître des tours de magie avec des pièces, fait disparaître la pièce porte-bonheur entre ses doigts, et Laura s’éteint paisiblement. Pas de fin heureuse pour ce couple qui n’a jamais vraiment su se retrouver.

J’ai vraiment aimé le fait que Neil Gaiman conclut toutes les petites histoires qu’il a lancées et pour lesquelles on attendait des réponses : la voiture sur le lac gelé, le mystère de la disparition des enfant à Lakeside, la rencontre avec Sam, le coup de marteau de Czernobog. En finissant le livre, je n’avais plus de questions en suspens et j’avais l’impression que tous les petits détails que l’auteur nous a donné au fil de l’histoire menait à cette fin, conclusion qui m’a un peu déçue en ce qui concerne la guerre, mais qui m’a totalement charmée du reste.

Comme je lisais le livre en anglais, dans son édition 10ème anniversaire, j’avais également deux petites nouvelles à la fin du livre. Une dans laquelle Shadow est en Iceland et voyage pour essayer de se trouver après avoir arrêté la guerre. Il croise un personnage qui dit être Odin ! Réincarnation? Autre croyance en ce Dieu? En tout cas, ça laisse entendre qu’Odin n’a pas tout à fait disparu. J’ai bien aimé ce petit texte qui ramène une aura de mystère sur la fin. Par contre, la toute dernière partie concernait Jésus et je l’ai trouvée assez nulle xD Ce court récit est censé se dérouler quand Shadow est accroché à l’arbre. Il a une discussion inintéressante avec Jésus, puis part. J’étais contente au final que cette partie n’ait pas été incluse dans la trame principale !

Je ne regrette absolument pas d’avoir lu American Gods. Si au final, les actions que j’attendais ne sont jamais arrivées, le chemin de Shadow sur les routes américaines m’a totalement envoûtée. J’ai déjà été plusieurs fois aux Etats-Unis et j’ai vraiment eu l’impression d’y retourner avec ce roman. De parcourir les chemins, de vivre des bouts de vie, de découvrir des croyances liées à cette terre particulière. Je trouve quand même à la fois ironique et fascinant que ce soit un auteur anglais (certes qui vit aux USA, mais qui n’en est pas originaire) qui raconte si bien ce pays qui n’est pas le sien. Un autre aspect que j’ai adoré dans cet ouvrage sont les interludes narrant les histoires sur les Dieux et leur arrivée aux USA. C’est à chaque fois en ayant hâte de connaître la suite que je reprenais cette lecture commune et je suis un peu triste qu’elle se termine aujourd’hui, car j’ai vraiment beaucoup aimé ce roman ! J’aurais apprécié continuer à voyager aux côtés de Shadow et vivre au rythme du hasard et des rencontres sur la route.

« None of this can actually be happening. If it makes you more comfortable, you could simply think of it as metaphor. Religions are, by definition, metaphors, after all: God is a dream, a hope, a woman, an ironist, a father, a city, a house of many rooms, a watchmaker who left his prize chronometer in the desert, someone who loves you – even, perhaps, against all evidence, a celestial being whose only interest is to make sure your football team, army, business, or marriage thrives, propsers and triumphs over all opposition. »

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