Faut-il reconstruire les monuments historiques disparus ?

Aujourd’hui, la flèche de la Basilique de Saint-Denis, demain peut-être…

(Centre des Monuments Nationaux – Avenue de la Colonne – Paris 4° — 10 Juillet 2017)

Aujourd’hui, la flèche de la Basilique de Saint-Denis, demain peut-être le Château de Saint-Cloud ou le Palais des Tuileries. Nombreux sont les exemples de ces joyaux du passé perdus ou détruits, puis entièrement reconstruits et rendus à leur splendeur d’antan.Qu’en sera-t-il du Solférisée ? Son projet de reconstruction est-il une rêverie d’historiens réactionnaires ou un projet moderne et d’avenir ? La polémique soulève les passions.

Cet antique bâtiment du centre de Paris, l’une des plus grandes œuvres de l’architecture de la période solféringienne du XIXe siècle après J.-C., détruit durant la Guerre Élyséïque de 2017 par un missile macronien, cet antique bâtiment sera-t-il reconstruit et rendu à son ancienne splendeur ?

Pouvant accueillir sur ses gradins entre 50 à 100 000 adhérents, nombre difficile à préciser malgré les fréquentes consultations à main levée convoquées dans son arène par ses grands prêtres, le Solférisée fut longtemps utilisé pour les venationes (du latin, venatio, la chasse), ces anciens combats de fauves. Les plus prisés étaient ceux de combats d’éléphants et ceux de gladiateurs, les célèbres primariae (du latin, primaria, la primaire), plus rarement, ceux d’abandon d’enfants aux bêtes fauves, sort tragique réservé aux petits malformés. Pouvaient s’y tenir enfin des exécutions de condamnés à mort de candidats désignés à la vindicte de la plèbe des gradins.

Bien qu’aujourd’hui en ruine, effondré depuis le bombardement macronien des guerres élyséïques, mais déjà miné depuis de longues années par des tremblements de terres électoraux successifs, municipaux, départementaux et régionaux, le Solférisée continue à donner la mesure de l’ancienne puissance de la Solféringie.

Construit dans l’Antiquité, en 1970 après J.-C., par l’Empereur Mitterron après le grand incendie qui détruisit la SFIO, le bâtiment connut en 2012 le règne de Edam le Débonnaire. C’est lui qui fit graver à son frontispice la célèbre épigramme « Quandium stabit Solferiseus, stabo ; quando cades, Solferiseus cadet » (Tant que durera Solférino, je durerai ; quand je tomberai, Solférino tombera).

Beaucoup s’interrogent aujourd’hui devant cette ruine et son ancienne splendeur sur l’intérêt du pharaonique projet de sa reconstruction. Le lourd dossier de réhabilitation rénovation est actuellement en cours d’examen à la Sous-Direction des Monuments historiques et des Espaces protégés du Ministère de la Culture. Et se heurte déjà à de nombreuses oppositions.

La Sous-Direction des Monuments historiques du Ministère de la Culture est en charge de l’étude, de la protection et de la conservation des monuments présentant un intérêt d’ordre historique, artistique ou scientifique en vue de leur transmission aux générations futures.

Nous y avons rencontré Messieurs Bouvard et Pécuchet, tous deux respectivement directeur et directeur-adjoint de ce Département du ministère, pour connaître l’intention des autorités publiques dans ce plus qu’emblématique et douloureux dossier.

Protection, réhabilitation et conservation des monuments à caractère historique, certes, nous ont déclaré Messieurs Bouvard et Pécuchet, mais nous n’avons pas pour autant mission de conserver ou de réhabiliter à tout prix des monuments qui, en dépit de leur ancienne splendeur, pourraient, du fait du choix de leur implantation, générer des nuisances ou des troubles à l’ordre public.

La destruction du Solférisée, certes destruction des guerres élyséïques, mais d’un ensemble architectural déjà miné depuis de nombreuses années par des glissements de terrain municipaux, départementaux et régionaux, doit nous faire envisager un autre site de reconstruction. Un site qui s’avérerait pérenne.

Ceci d’autant plus que la perspective maintenant ouverte aux riverains après l’effondrement du Solférisée est beaucoup plus dégagée et attrayante, son ancienne masse obscurcissant considérablement la vue alentour pour les couches moyennes et populaires. De nombreuses associations riveraines se sont déjà constituées pour conserver cette nouvelle perspective déblayée, celle des Jours Meilleurs, avec différents mots d’ordre tels que « Ne nous soumettons pas ! » ou encore « Solférisée au musée ! », ou autres formules évidemment provocatrices mais, malgré tout, empreintes d’un certain réalisme.

Soucieux de trouver une solution médiane, ont repris Messieurs Bouvard et Pécuchet, le Ministère de la Culture a lancé une enquête de faisabilité pour l’implantation d’une réplique ou d’un fac-similé sur le site préhistorique de Solutré, près de Mâcon, au sud de la région Bourgogne Franche-Comté, à proximité de la Roche de Solutré, dont l’ascension rituelle à la Pentecôte a toujours constitué, vous le savez, un rite important de la Solféringie.

La Solféringie enfin rendue à la Préhistoire ?

Jean Casanova