The Handmaid’s Tale

Il y a bien longtemps que je ne m’étais pas autant énervé devant mon téléviseur… (attention : il s’agit ici d’une critique engagée, d’un parti pris)

Pour tout vous dire, je crois que c’était devant le film Philomena.
Avant, il y avait eu The Magdelene Sisters.
Avez-vous une petite idée ce qui me met autant en rogne ?
Un soupçon ?
Il s’agit tour simplement de la suppression des libertés par des intégristes religieux et dans ces trois cas ce sont les femmes qui en souffrent…

L’histoire :
Dans la nouvelle République de Gilead, après une catastrophe biologique, le taux de natalité n’a jamais été plus bas. Dans cette version dystopique et totalitaire des États-Unis, les relations hommes/femmes obéissent à des règles très strictes. Alors que les hommes occupent toutes les positions du pouvoir, les femmes ont été démises de leur statut de citoyennes à part entière. Elles ne peuvent ni travailler, ni posséder d’argent, ni être propriétaire, ni lire. Elles sont catégorisées selon leur fonction : les Épouses sont les femmes des dirigeants. Les Marthas s’occupent de la maisonnée. Et les Servantes sont uniquement dédiées à la reproduction, sous la surveillance rigide des Tantes. Les Servantes sont affectées au sein des familles dirigeantes, jusqu’à ce qu’elles mettent au monde les enfants tant désirés. Offred est l’une d’entre-elles.
(source : Wikipédia)

Cette série tirée du roman de Margaret Atwood (« La Servante Ecarlate » en français) raconte l’histoire de Offred, une femme libre et heureuse qui a vu son monde basculer dans une dictature ignoble dont elle est maintenant victime.

Nous développons une réelle empathie pour l’héroïne et souffrons de paranoïa aigüe au moindre regard de travers qu’elle reçoit.

Le nom de l’auteure et de son livre vous disent peut-être quelque chose… En effet au lendemain de l’élection de Donald Trump, cette oeuvre est devenue le manifeste de ces femmes qui ont peur de perdre leur liberté de parole et de disposer de leur corps. Dernièrement, l’actrice Emma Watson, en visite à Paris, a disséminé 100 exemplaires de ce livre dans la capitale.

Autant dire que ce récit est d’actualité.

Le premier épisode nous laisse sur notre faim, tellement de questions et pas de réponses. Heureusement, les suivants nous expliquent comment le monde à basculé. Nous obtenons toutes les explications nécessaires, ce qui paradoxalement renforce notre sentiment de peur sur l’évolution de notre société.

Nous retrouvons ici des références à l’intégrisme religieux, de toutes les religions, même celles qui pensent au bonheur des enfants avec un papa et une maman… Nous retrouvons également des références à des dictatures comme la Corée du Nord ou celle plus légère mais bien présente de Vladimir Poutine. Nous assistons à la mise en place d’un système machiste cher à Donald Trump. Un monde où la femme n’est plus propriétaire de son corps, un monde où « tu peux les prendre par la c – – – – e ».

Comment adhérer à une telle dystopie ?
Grâce à une réalisation sans faille (des plans absolument magnifiques), des acteurs habités (Elisabeth Moss mérite une récompense pour son interprétation), une bande originale regroupant des morceaux archi-connus qui nous replacent constamment dans la réalité.

Alors oui, je vous conseille très fortement de regarder cette série.
Je vous conseille également de rester très attentif à l’évolution de notre époque car nous pouvons perdre trèsrapidement ce que nos ancêtres ont bataillé à obtenir…

Je vous prie de bien vouloir m’excuser, j’indique que ce blog ne doit pas refléter d’opinions politiques, qu’il doit rester léger mais je pense qu’il est nécessaire quelques fois de rappeler la chance que nous avons de vivre dans un pays démocratique qui dernièrement se recueillait devant le cercueil d’une femme qui a défendu le droit à l’avortement. Notre bonheur est peut-être fugace, alors profitons-en et défendons-le face aux personnes qui voudraient nous le retirer.

En aparté, je vous conseille une autre série qui met le féminisme à l’honneur : Big Little Lies…

Et merci par avance de ne pas me bannir parce que j’ai voulu exprimer ma colère et ma peur, mais à série engagée, critique engagée !

J’espère juste vous avoir donné envie de suivre cette histoire…

Jason